La combustion reste le principal problème du tabagisme
Entretien avec Nikolaus Ricketts, Président Produits Oraux chez Philip Morris International (PMI)
Les sachets de nicotine restent encore relativement méconnus dans plusieurs marchés. Comment fonctionnent-ils exactement et quelle place occupent-ils aujourd’hui dans votre stratégie ?
En Suède, les produits oraux à base de nicotine existent depuis des décennies, notamment le snus, un tabac humidifié placé sous la lèvre.
Depuis une dizaine d’années, une nouvelle catégorie a émergé : les sachets de nicotine, une innovation originaire de Suède. Ils contiennent de la nicotine extraite selon des normes pharmaceutiques, à laquelle sont ajoutés des arômes homologués pour un usage alimentaire. L’ensemble est conditionné dans un petit sachet, similaire à un sachet de thé, qui se place sous la lèvre et libère progressivement la nicotine.
Initialement utilisés en Suède, ces produits se sont aujourd’hui répandus à l’international et sont désormais disponibles dans une soixantaine de pays.
Nous observons qu’ils aident les fumeurs à arrêter la cigarette. Il faut savoir que la cigarette est de loin la manière la plus nocive de consommer de la nicotine. Et il est important de le rappeler : la nicotine crée une dépendance, mais ce n’est pas un agent cancérigène. Il n’y a pas de lien direct entre nicotine et cancer. C’est un point souvent mal compris par les consommateurs.
Mosaique FM : La Suède est souvent citée comme un cas unique, avec un faible taux de tabagisme et une forte adoption des produits oraux. Quels enseignements peut-on en tirer ?
Nikolaus Ricketts
C’est une excellente question. Aujourd’hui, vivant en Suède, je peux citer quelques chiffres : dans les années 1980, environ 35 % de la population adulte fumait. Aujourd’hui, ce chiffre est tombé à environ 5 %.
Cela signifie que lorsque vous vous promenez dans les rues de Stockholm, vous voyez très peu de fumeurs. C’est remarquable : c’est le seul pays au monde avec un taux aussi bas.
La différence est frappante par rapport à d’autres pays européens ou même à des pays comme la Tunisie. Et si l’on regarde les statistiques de santé publique; cancers, emphysème, bronchites chroniques ..les écarts sont tout aussi marqués.
Pourquoi ? Parce que les gens ne fument plus. Ils utilisent depuis longtemps des produits oraux, sans combustion et sans inhalation. Or, c’est la combustion qui génère la majorité des substances toxiques liées aux maladies du tabagisme.
Mosaique FM : Comment évaluer l’évolution et le potentiel des alternatives comme les sachets de nicotine face à la cigarette ?
Nikolaus Ricketts :
Depuis le début de la transformation de PMI, engagée il y a plus de 10 ans sur le plan commercial et depuis plus de 20 ans en recherche, notre approche a toujours été de développer un portefeuille diversifié de produits.
Pourquoi ? Parce que chaque individu est différent, avec des besoins et des préférences qui lui sont propres. Il n’existe donc pas de solution unique adaptée à l’ensemble des fumeurs.
C’est dans cette logique que nous proposons plusieurs alternatives : tabac chauffé, cigarettes électroniques et sachets de nicotine. Toutes se caractérisent par une réduction très significative des substances toxiques par rapport à la cigarette.
Pour les produits inhalés, comme le tabac chauffé ou la cigarette électronique, certaines substances nocives sont réduites de plus de 90 %, pouvant atteindre jusqu’à 95 %.
Quant aux sachets de nicotine, l’absence de combustion et d’inhalation permet d’aller encore plus loin, avec une réduction dépassant 95 %, voire atteignant 98 % par rapport à la cigarette.
On parle ainsi d’une différence majeure en termes de profil de risque.
Mosaique FM : Quel est le potentiel à long terme de ces alternatives ?
Nikolaus Ricketts :
Ces trois grandes catégories ont déjà démontré leur fort potentiel pour aider les fumeurs à arrêter.
À horizon 10 ans, je pense que ces innovations tels que le tabac chauffé,la cigarette électronique ou les sachets de nicotine vont continuer à se développer et occuper une place de plus en plus importante.
Aujourd’hui, à l’échelle de notre groupe, plus de 40 millions de fumeurs dans le monde ont déjà arrêté la cigarette grâce à ces alternatives. Notre objectif est d’atteindre les 100 millions dans les 10 prochaines années.
Et nous continuons à innover, toujours avec le consommateur au centre.
Une règle essentielle pour nous est la transparence : toutes nos données scientifiques sont partagées avec les consommateurs, les gouvernements et la communauté médicale.
Aujourd’hui, en 2026, la technologie existe. Notre responsabilité est de proposer des alternatives nettement moins nocives et d’accompagner les fumeurs dans cette transition.
Mosaique FM : Nous sommes au MotoGP. Comment ce type d’événement contribue-t-il à sensibiliser les consommateurs ?
Nikolaus Ricketts :
Il est essentiel de développer de bons produits, qui soient moins nocifs et acceptés par les consommateurs. Mais cela ne suffit pas : il faut aussi informer et éduquer.
Des plateformes comme le MotoGP ou la Formule 1 nous offrent une visibilité importante. Elles nous permettent de toucher un large public adulte et de faire connaître ces alternatives.
Nos partenariats avec Ducati en MotoGP et Ferrari en Formule 1 renforcent également notre crédibilité. Ce sont des marques iconiques avec lesquelles nous collaborons depuis longtemps, plus de 20 ans avec Ducati et plus de 50 ans avec Ferrari. Elles connaissent notre engagement et notre sérieux dans cette transformation. Les résultats parlent d’eux-mêmes.